La parole à ... Maurice Ronat - AESIO

Mis à jour : sept. 11

Bienvenue sur ce nouveau rendez-vous au sein du site Le Progrès Evénements, où chaque semaine, nous donnons la parole aux partenaires de nos différents événements pour mettre en lumière leurs actions mises en place pendant la crise, les enjeux et surtout les projets à venir.

Bonjour, Maurice Ronat, merci d'être notre premier invité. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

"Je suis Président d'EOVI MCD Mutuelles, une mutuelle très présente sur la région Rhône-Alpes qui gère environ 1,4 millions personnes protégées.

EOVI MCD Mutuelles a engagé une procédure de fusion avec 2 autres mutuelles : ADREA, très connue sur la région et une mutuelle du Nord APREVA pour bâtir le Groupe AESIO. Nous sommes en phase de fusion.

J’étais le président fondateur d’AESIO et j'ai passé la main en juin 2019, à Patrick Brothier, le nouveau Président d’AESIO. Je suis actuellement son Vice-Président et j’accompagne la fusion jusqu’à juin prochain.

Je suis également membre du bureau de la Mutualité française. Je suis le président de l’UNOCAM (Union Nationale des Organismes d’Assurances Maladie Complémentaires) qui regroupe tous les assureurs complémentaires santé."


Nous vivons depuis plus de 2 mois une crise sanitaire sans précédent qui a bouleversé notre quotidien. Comment avez-vous, personnellement, vécu cette période de confinement et de crise ?

"Habituellement je pars le lundi soir sur Paris et reviens le vendredi soir. Je suis depuis mi-mars à St-Etienne, dans un premier temps chez moi et depuis mi-mai dans nos bureaux stéphanois. Faire des journées de 8 à 10 heures en passant d’une réunion à l’autre, par téléphone ou en visio conférence, c’est tout de même assez fatiguant."


Comment Aesio s’est-elle adaptée à cette situation inédite ? Et vos équipes ?

Le personnel travaille à distance. Le phénomène des grèves de la SNCF que nous avions eu fin 2019, nous avait permis de travailler sur nos standards pour faire du traitement à distance.

80 à 90% des personnels ont travaillé depuis chez eux. Nous n’avons pas demandé de chômage technique. Nous considérons qu’une mutuelle comme la nôtre a les reins plus solides et nous avons préféré laisser les aides aux entreprises qui en avaient plus besoin que nous aujourd’hui.

Notre principal problème actuel chez EOVI, c’est l'organisation d'une assemblée générale avant le 30 juin qui a habituellement lieu au Palais des Congrès de Lyon, en présence de 400 à 500 personnes. On l'organise par visio conférence, ce qui est assez complexe et nécessite une grosse organisation. A titre d'exemple, je dois participer à 13 conférences sur 13 territoires pour répondre aux questions .

A partir de fin juin, AESIO sera une vraie mutuelle.

Lors de cette assemblée générale, on vote la disparition d’EOVI et ainsi à partir de fin juin, AESIO sera une vraie mutuelle.


Quels impacts directs cette crise a eu sur votre activité et sur votre entreprise ?

Concernant les dépenses de santé pendant cette crise, on a payé environ 50% de ce qu’on payait d’habitude. Au niveau des recettes, on est dans le schéma suivant : 50% de nos adhérents sont des entreprises, 50% sont des particuliers.

Au niveau des particuliers, nous avons eu très peu de rejets de prélèvement. Les particuliers sont attachés à leur mutuelle.

Côté entreprises, c’est un peu différent. Elles ont demandé des reports d’échéances et beaucoup d’entreprises n’ont pas assuré leurs paiements. Nous avons pris la décision de continuer à verser les prestations parce que les salariés des entreprises ne sont pas responsables du fait que leur entreprise n’a pas payé.

Aujourd’hui, nous payons toutes les prestations des personnes qui avaient souscrites un contrat qu’elles soient ou non à jour de leur paiement.

Beaucoup de personnes ont également abandonné leurs soins pendant la crise et la peur qu’on a tous demain c’est que ça nous coûte beaucoup plus cher. On dressera le bilan en septembre, au 4e trimestre…Si on s’aperçoit que les dépenses sont bien inférieures à celles qu’on pensait, notre ligne politique est de faire bénéficier à nos adhérents de toutes les dépenses qui n’auraient pas été faites.


La CNAM aide beaucoup les professionnels de santé. On s’attend à une réunion entre l’UNOCAM et la sécurité sociale parce qu’on va s’en doute nous demander d'aider les professionnels de santé. C’est pour cela que je suis d’une grande prudence.

J’attends de voir quelles seront les recettes et quelles seront les dépenses, avec un seul engagement, si par bonheur on a un petit boni il ira aux adhérents dans leurs cotisations de l’année suivante.

Quels sont les enjeux dans les mois à venir pour les mutuelles ?

Un exemple avec les hôpitaux, ils reçoivent aujourd’hui des dotations de fonctionnement correspondant à leur dotation de l’année dernière, ce qui leur permet de tourner. En gros, c’est 85% de leurs recettes. Les 15 % restants proviennent des complémentaires, pour la chambre particulière, les forfaits hospitaliers, les petits actes où il y a des restes à charge. Comme les hôpitaux n’ont pas fonctionné, ils n'ont pas eu de recettes, il faudra donc que nous réfléchissions comment aider les hôpitaux. Nous travaillions sur tous ces problèmes partant du principe que s’il y a des excédents financiers, ils doivent toujours aller aux adhérents.


Vous avez établi depuis le début du confinement le baromètre du moral des entrepreneurs confinés réalisé par AESIO, en partenariat avec Harris Interactive. Quels grands enseignements en avez-vous tiré ?

Pour l’instant je suis très prudent sur ce baromètre, parce qu'il a été réalisé en pleine crise. Nos gestionnaires et commerciaux ont contacté toutes les entreprises pour savoir si elles avaient des problèmes. Et on a également essayé de contacter nos adhérents individuels pour ne pas les perdre dans la nature.

Je pense que la crise sera pire en 2021 qu’en 2020

Donc aujourd’hui, sur ce que je subodore, je pense que la crise sera pire en 2021 qu’en 2020. Actuellement, c’est " open bar ", on distribue de l’argent, mais un jour ou l’autre la machine va se tarir. J’espère que l’économie va reprendre rapidement.

Le secteur professionnel, pour moi, le plus touché ce sont les dentistes. A côté de notre activité d’assureurs, nous avons en effet une grosse activité de réseaux sanitaires et sociaux. Sur Loire Sud, nous avons 37 fauteuils dentaires. Ils sont en arrêt depuis le 15 mars, sauf pour les urgences… Aujourd’hui les mesures barrières et toutes les mesures sécuritaires impliquent de protéger les personnels (lunettes, masques, blouses, sur blouses…), mais aussi les patients. A chaque fois qu’un patient sort d’un cabinet, il faut tout nettoyer, et cela prend une demi heure. Quand tout ira bien, on sera à 70-75% de l’activité.

Le secteur de l'optique est quant à lui moins durement touché, mais il faut changer les façons de travailler. On essaie de travailler sur rendez-vous. Il est fini le temps où les gens se baladaient, rentraient dans le magasin d’optique, regardaient les lunettes de soleil, les essayaient. Tout ce qui sera touché sera mis dans un bac, pour être placé dans un traitement…

On va retravailler différemment et j’espère que le COVID disparaîtra vite et qu’on pourra sortir rapidement de la crise car je pense qu’on aura de grandes difficultés économiques si on reste sous ces mesures.

L’activité repart aussi à la Clinique Mutualiste de St Etienne qui reprend des activités normales. Mais les professionnels de santé confirment tous qu’ils reçoivent des gens qui ne sont pas en bonne santé. Il y a encore beaucoup de gens qui n’osent pas aller voir leur médecin…


Pouvez-vous nous présenter une action en particulier que vous avez mise en place pour accompagner vos adhérents, entreprises ou particuliers ?

On a mis en place ce qu’on appelle la télémédecine (différente du système de la sécurité sociale). Nos adhérents ont un code, et grâce à ce code ils peuvent consulter un médecin à distance qui leur fera une ordonnance. Ça ne coûte rien à la sécurité sociale parce qu’on paie intégralement. On a multiplié l’activité par 12, avec 12 fois plus d'adhérents ayant pris contact via ce système. Cette solution a permis de sécuriser les patients sur des pathologies légères.


Quels sont les projets majeurs d’AESIO pour les mois à venir ?

La fusion ! Avec 2 axes principaux : - Développer la prévoyance. Nous sommes actuellement une mutuelle santé (95% de notre CA) et nous voulons développer le volet prévoyance. Il y a 3 ans, nous avons fait un appel d’offres pour trouver un partenaire et ce partenaire c’est la MACIF.

Nous avons monté ensemble une filiale PAM (Prévoyance Aesio Macif) qui nous permet d’aller sur ce nouvel axe d’activité, la prévoyance.

- Nous diversifier. AESIO, nous sommes une mutuelle santé et la MACIF est une mutuelle santé, mais surtout un assureur auto habitation. Nous sommes en train de passer un accord avec la MACIF pour mettre en commun nos moyens afin d'être plus efficace et peut être demain permettre de nous diversifier pour proposer à nos adhérents les assurances Auto, habitation... De notre côté, nous gérons 3,2 millions de personnes en santé, la MACIF, 1,2 millions.

Notre optique c’est d’essayer d’être dans les 2 ou 3 ans un acteur complémentaire des assurances de personnes.

Interview « Humeur post-confinement »


Qu’est-ce qui vous a le plus manqué pendant ce confinement ?

Le contact avec les gens. Par téléphone ou en visio conférence, c’est bien, mais ça manque un peu de contacts humains. Habitant dans la vallée du Gier, je m’imposais de marcher 1 heure chaque jour, dans un rayon de 1 km, parce que rester enfermé c’est de la folie. Ce qui m’a fait plaisir c’est de retrouver les amis, les enfants et petits-enfants. On a besoin de contacts avec les autres.

Ce qui m'a aussi manqué c'est aller au stade tous les 15 jours, retrouvez des amis et passer un moment au foot. Aesio est sponsor de l'ASSE !


Qu’est-ce qui vous a le moins manqué pendant ce confinement ?

Rien de spécial, je me suis adapté.


Quel talent vous êtes-vous découvert pendant ce confinement ?

J’aime bien cuisiner, donc j’ai un peu cuisiné.

J’aime bien faire les courses, je me suis donc remis à faire les courses…


Merci Maurice Ronat d'avoir joué le jeu de cet interview.

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